Le 23 avril 2025, dans la commune de Sourgoubila s’est tenue une conférence débat sur la gestion durable des ressources naturelles. Organisée dans le cadre du Projet de renforcement de l’adoption des bonnes pratiques agroécologiques, cette rencontre a réuni de nombreux acteurs locaux : leaders communautaires, représentants d’organisations de base, agriculteurs et élus locaux, services techniques déconcentrés de l’Etat venus des villages de la commune de Sourgoubila. Le projet bénéficie du soutien du Secours Catholique – Caritas France et est mis en œuvre par l’OCADES Caritas Burkina/Secrétariat Exécutif Diocésain de Ouagadougou.

L’objectif global de cette activité est de conscientiser les communautés à mieux gérer et préserver les terres pour les générations futures. Car au Burkina Faso, les problèmes liés à l’appropriation et à la gestion des terres rurales sont récurrents, malgré l’existence de textes et de réglementations en matière de foncier rural. Parmi les causes de cette situation figure notamment le bradage des terres rurales par certains propriétaires fonciers au profit d’opérateurs immobiliers, attirés par des compensations financières immédiates

Mettre en valeur l’agroécologie avant tout

La conférence, animée par le Chef de service environnement de Sourgoubila, a débuté par une présentation des bonnes pratiques agroécologiques. Il a souligné leur rôle essentiel dans la préservation de la fertilité des sols, la gestion durable de l’eau, la protection de la biodiversité et l’amélioration des rendements agricoles. Le conférencier a également alerté sur les conséquences du non-respect de ces pratiques : appauvrissement des terres, baisse de la productivité, perte de revenus, insécurité alimentaire et dégradation des écosystèmes.

Une problématique brûlante : la vente des terres rurales

C’est dans cette dynamique que s’est ouverte la discussion sur la vente croissante des terres agricoles, souvent au détriment des communautés. Le débat a mis en évidence les effets néfastes de cette tendance : perte des terres ancestrales, souveraineté locale menacée, conflits sociaux, réduction du potentiel agricole.

Malgré les textes et règlementations foncières existants au Burkina Faso, de nombreuses terres sont vendues à des opérateurs immobiliers. Une situation aggravée par l’absence de régulation effective à l’échelle locale.

Des solutions pensées et portées par les participants

Les participants ont exprimé leurs préoccupations avec force et ont proposé des solutions, issues de leur propre expérience :

  • Ne pas vendre les terres, même sous pression financière.
  • Faire pression sur les mairies pour qu’elles refusent de signer les documents de vente.
  • Attendre la révision de la loi 034, qui vise une meilleure sécurisation du foncier rural.
  • Interpeller l’État pour qu’il interdise la vente des terres agricoles par la prise d’un décret.
  • Poursuivre la sensibilisation communautaire sur les impacts irréversibles de ces ventes.
  • Valoriser les terres à travers l’agroécologie, comme alternative économique durable.
  • Renforcer les instances locales de régulation foncière pour plus de transparence et de justice.

Un cadre d’écoute et d’action

La conférence a été un véritable espace de co-construction, où les savoirs traditionnels, les préoccupations locales et les propositions de solutions se sont rencontrés. Les échanges ont renforcé la conscience collective autour d’un principe fondamental : protéger la terre, c’est protéger notre avenir commun.

« Si nous ne respectons pas la terre, elle cessera de nous nourrir. La vendre, c’est céder notre pouvoir de décider de notre futur », a déclaré un participant.

Une étape majeure pour une gouvernance foncière juste

En réunissant des voix diverses autour d’un même enjeu, cette conférence marque une avancée importante dans la dynamique de sensibilisation menée par le projet. Elle montre que la transition agroécologique et la gouvernance foncière équitable ne peuvent réussir sans une implication active des communautés.