Le jeudi 23 janvier 2025, s’est tenue dans la commune de Komki-Ipala, un cadre de concertation réunissant les acteurs des filières agricoles locales, les responsables de la mairie et le représentant du service départemental de l’agriculture. Organisé par l’OCADES Caritas Burkina, Secrétariat Exécutif Diocésain de Ouagadougou, l’activité avait pour but d’identifier et de répertorier les contraintes et défis freinant le développement de ces filières et de formuler des recommandations ou des perspectives d’action palliatives au niveau de chaque commune d’intervention. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités de son projet dénommé « Projet de renforcement de l’adoption des bonnes pratiques agroécologiques par les populations de cinq (05) villages des communes de Kayao, de Komki-Ipala et de Sourougbila », soutenu par Secours Catholique Caritas France. Cette journée de réflexion a permis de réunir des acteurs clés de l’agriculture et des responsables locaux, pour échanger sur les enjeux spécifiques des filières agricoles dans lesdites communes bénéficiaires.
Au cours de cette rencontre d’échange, animée par madame ILBOUDO Edites Marie, chargée de projet Femme Jeunesse Famille à l’OCADES Diocésaine de Ouagadougou les participants ont pu identifier quatre (04) contraintes majeures empêchant un véritable développement des filières agricoles à savoir :
- Le Manque d’infrastructures adéquates :
L’insuffisance d’infrastructures de stockage et de transport a été citée comme l’une des principales limitations à l’essor des filières agricoles. Cela impacte directement la qualité des produits et leur compétitivité sur les marchés locaux et régionaux. - L’Accès limité au financement
Les agriculteurs, souvent dépourvus de mécanismes de crédit accessibles, se retrouvent dans l’incapacité d’investir dans des équipements modernes, des semences de qualité ou de nouvelles techniques de production. - Le Climat et les pratiques agricoles non durables
La variabilité climatique, exacerbée par des pratiques agricoles peu respectueuses de l’environnement, constitue un défi majeur. Les participants ont souligné la nécessité d’encourager des pratiques agroécologiques pour renforcer la résilience face aux changements climatiques. - L’insuffisance de Formation, d’information et sensibilisation
Un autre défi identifié réside dans le manque de formation et d’informations disponibles pour les producteurs sur les techniques agricoles modernes, ainsi que sur les avantages des pratiques agroécologiques.
Dans la perspective d’apporter une réponse adéquate aux défis identifiés, des recommandations ont été formulées à savoir :
- Améliorer les infrastructures agricoles
Il est essentiel d’investir dans des infrastructures de stockage et de transformation pour améliorer la qualité des produits et faciliter leur accès aux marchés. Cela passe par des investissements dans la réalisation/réhabilitation des ouvrages hydrauliques : la réhabilitation des forages et le curage des barrages, afin de maximiser la productivité et de sécuriser les ressources en eau pour l’agriculture ; des infrastructures de stockage et de transformation en vue de créer une valeur ajoutée aux produits agricoles pour des ventes à de meilleur prix
- Faciliter l’accès au financement :
Mettre en place des mécanismes de financement adaptés pour les petits exploitants agricoles, tels que des crédits à faible taux d’intérêt et des subventions pour l’achat de matériel agroécologique. - Renforcer les compétences des producteurs :
Des programmes de formation réguliers sur les techniques agricoles modernes et les bonnes pratiques agroécologiques doivent être développés et diffusés auprès des agriculteurs. - Promouvoir les pratiques agroécologiques :
Encourager l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement pour assurer la durabilité des filières agricoles et renforcer la résilience face aux conditions climatiques changeantes. Une des recommandations retenues pour y parvenir consiste à formaliser, outiller et renforcer les compétences des comités d’usagers de l’eau de barrage (CUE) pour une meilleure gestion des ressources en eau. Ces comités joueront un rôle crucial en accompagnant les producteurs dans l’utilisation rationnelle et durable de l’eau, une ressource précieuse et souvent limitée.
La journée de réflexion à Komki-Ipala a permis d’ouvrir un dialogue constructif entre les acteurs des filières agricoles et les parties prenantes locales. Les recommandations issues de cette rencontre seront essentielles pour la formulation de stratégies adaptées à chaque commune, afin de surmonter les obstacles identifiés et de favoriser un développement durable et inclusif des filières agricoles. Il est désormais impératif que les actions et les réflexions menées trouvent une application concrète sur le terrain pour renforcer la résilience des communautés agricoles du Burkina Faso.